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Nokia Lumia 800 : coup d’essai… et coup de maître

 

« Deux dindes ne font pas un aigle », disait Vic Gundotra, responsable de Google+, du partenariat Nokia-Microsoft. Six mois après sa signature, cet accord a donné ses premiers fruits avec la gamme Nokia Lumia. Un smartphone conçu par une société en train de perdre sa place de numéro 1 mondial et utilisant un OS possédant moins de 2 % de parts de marché peut-il être un succès ?

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Un Nokia N9 sous Windows Phone 7
Par bien des aspects, le Lumia 800 est un N9 sous Windows Phone 7 (WP7), et c’est une bonne nouvelle : le Nokia N9 est un des plus beaux téléphones du moment. Le Lumia 800 reprend son apparence générale, ainsi qu’une partie de sa fiche technique : il laisse par exemple de côté la NFC, qui n’est pas gérée par WP7.

La finition du Lumia 800 est irréprochable : Nokia utilise un polycarbonate monocorps de la meilleure qualité qui n’est pas sans rappeler la construction du MacBook 2010. Ce plastique possède une finition matte à l’opposée de la finition brillante de l’iPhone 3G/3GS, qui laissait parfois à désirer. L’aspect général du Lumia 800 est à l’opposé de celui de l’iPhone 4/4S : il est anguleux là où l’iPhone est rondouillard (coins), arrondi là où l’iPhone est tranchant (côtés).

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Monolithe…

Le tout est discrètement souligné par les quelques boutons et ports nécessaires, dont la grille du haut-parleur, percée dans le polycarbonate. L’ensemble est solide, dense (116,5×61,2×12,1 mm pour 142 g), et d’une sobriété confinant à la classe pure et simple. Le Lumia 800 est disponible en trois couleurs : noir, magenta (tirant très nettement sur le rose) et bleu. Nokia fournit une housse silicone coordonnée dans l’emballage.

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Tout n’est pas parfait, cependant. Le mécanisme d’accès au port micro-USB et la micro-SIM (Nokia est le seul fabricant, avec Apple, à utiliser ce standard) est ingénieux : le port micro-USB se cache derrière une trappe qui s’ouvre avec un effet de levier, trappe qui libère alors le cache coulissant du tiroir de la micro-SIM. Mais les autres aspérités du Lumia N800 sont décevantes : le bouton de mise en veille est trop proche des boutons de volume (et tombe trop naturellement sous l’index pour ne pas être actionné par erreur), boutons de volume dont la qualité de l’assemblage détonne sur un appareil si bien fini. Le déclencheur de l’appareil photo n’est pas beaucoup moins mauvais.

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Le Nokia N9 possédait un écran 3,9″ : le Lumia 800 se contente d’un écran 3,7″ 800×480, les quelques millimètres gagnés en hauteur servant à caser les trois touches capacitives indispensables à WP7 (retour, Windows, recherche). Des touches assez réactives, quoique peut-être trop proches de l’écran. L’écran, d’ailleurs, utilise la technologie Clearblack (AMOLED) avec un filtre polarisant, qui offre des noirs tout simplement parfaitement noirs et des couleurs saturées, un peu trop parfois — mais cela va comme un gant à l’interface très contrastée de WP7.

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Enfin, il est recouvert d’une couche de Gorilla Glass, dont les bords sont arrondis, un effet agréable à l’œil, mais aussi au toucher : le pouce est accompagné dans l’utilisation du défilement vertical si utilisé dans WP7. Les noirs étant profonds, il est impossible de savoir quand l’écran s’arrête et quand commence le cadre qui l’entoure : un très bel effet.

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Des performances excellentes
De l’autre côté de l’appareil, on trouve le capteur photo de 8 MP. Il est surmonté par une optique Carl Zeiss ouvrant à f/2.2 et d’une focale grand-angle de 28mm, et accompagné par un double flash LED. Les photos qui en sortent, d’une définition de 3264×2448 px, sont globalement de bonne qualité, avec un piqué appréciable et un bruit mesuré, même si l’iPhone 4S reste une tête au-dessus.

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Dans des conditions de luminosité pas faciles, le Lumia 800 ne s’en sort pas trop mal.

Le Lumia 800 enfonce cependant l’iPhone 4S dans la rapidité d’exécution, quoi qu’en dise Apple. L’activation de l’appareil photo, écran éteint, est plus rapide (appui prolongé sur le déclencheur), et les opérations sont ensuite d’une vitesse similaire. On remarque cependant, du côté des points négatifs, une certaine tendance à la surexposition et une balance des blancs pas toujours correcte.

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Le mode vidéo, limité à 720p alors que la mode est au 1080p, est décevant. Le Lumia 800 ne possède pas de caméra en façade, contrairement au N9. À la lecture, vous remarquerez que les micros font un travail très moyen, tout comme le haut-parleur d’ailleurs.

Pour en finir avec la fiche technique, le Lumia 800 utilise une plateforme standard pour WP7 : processeur Qualcomm MSM8255 simple-cœur à 1,4 GHz, 512 Mo de RAM, 16 de stockage, WiFi b/g/n, Bluetooth 2.1 A2DP. Une liste qui peut sembler décevante par rapport aux dernières évolutions du marché, mais qui s’avère à la hauteur : avec deux fois moins de puissance, le Nokia Lumia 800 est aussi fluide que l’iPhone 4S, et bien plus que le Samsung Galaxy SII. Windows Phone 7 révèle ici sa principale force : il est très optimisé.

Un Mango qui dansera bientôt le Tango

Le Nokia Lumia 800 utilise justement la dernière version de WP7, Windows Phone 7.5 Mango. C’est une petite révolution pour Nokia, qui maîtrisait jusqu’ici matériel et logiciel, de Symbian à MeeGo en passant par S40.

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Les conditions de l’accord entre Microsoft et Nokia prévoient que la firme finlandaise puisse modifier à son gré WP7, ce qu’elle n’a pu faire en l’espace de six mois. Les quelques touches ici ou là restent mineures : thème « Nokia Blue », fonds et sonneries Nokia, assistant de migration depuis les téléphones Symbian. Nokia a cependant implanté ses services au cœur de WP7, notamment Nokia Drive et Nokia Music.

PETITE VIDÉO DE IGENERATION  :

L’OS est fluide… pas les apps Nokia.

Nokia Drive offre un avantage compétitif à la gamme Lumia : comme les téléphones Android et contrairement aux autres smartphones WP7 et l’iPhone, le Lumia 800 dispose d’un système GPS avec navigation turn-by-turn intégré et gratuit. Au premier lancement, on peut télécharger les cartes (476 Mo pour la France) et la synthèse vocale, et utiliser alors le logiciel sans connexion à Internet. Le système semble assez fiable et la connexion GPS sans faille, mais le logiciel lui-même manque d’options et est un cran en dessous de TomTom ou Navigon. Nokia Maps est un équivalent pour les piétons, avec un mode intégrant les transports en commun : très pratique.

Dans son genre, Nokia Music n’est pas mal non plus : s’il duplique certaines fonctionnalités de l’application Zune intégrée, il y ajoute aussi un système de streaming rappelant, dans le principe, celui de Deezer. Il permet d’écouter gratuitement des radios Internet dans de nombreux genres, avec plusieurs millions de titres. Chaque morceau est identifié avec un lien vers le Marketplace et on manque de contrôle sur ce que l’on veut écouter, mais l’initiative est digne d’intérêt.

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Problème de ces deux applications : leur lancement est assez lent. C’est d’autant plus dommage que WP7 est extrêmement fluide et rapide, encore plus depuis que Mango a ajouté un système de multitâche bien pensé. Un appui long sur le bouton Précédent affiche une liste de tuiles, correspondant aux dernières applications. Mango ajoute de nombreuses autres fonctions qui densifient l’OS et répondent à la plupart des critiques : copier-coller, intégration de Twitter, recherche avancée avec Bing, etc. La sélection d’applications du Windows Marketplace a augmenté, et on trouve maintenant les grands basiques qui permettent de ne manquer de rien. Nous restons sur les conclusions de notre dernier essai (lire : Un mois avec Windows Phone 7 : notre verdict) : WP7 est un très bon OS, et le Lumia le sert parfaitement.

S’il y a quelques manques dans le Windows Marketplace, on peut espérer que la force combinée de Microsoft et de Nokia puisse les boucher. L’intégration avec le Mac est facilitée par le Windows Phone 7 Connector, simple mais efficace, WP7 utilisant en plus Windows Live comme système dans le nuage (mails, contacts et calendriers, espace de stockage de 25 Go, Xbox Live, etc.). Bref, WP7 est un système moderne, à la hauteur d’Android et d’iOS bien qu’il dispose d’un écosystème moins fourni, et a le mérite d’offrir une alternative radicalement différente à iOS.

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Le couple Nokia Lumia 800 + Windows Phone 7 est certainement l’un des meilleurs qu’il nous a été donné de tester en dehors de l’iPhone. Le matériel, tout simplement superbe, offre un écrin de luxe à Windows Phone 7, qui a su combler ses principaux manques. Tout n’est pas encore parfait, tant du point de vue matériel (pas de NFC, partage Internet désactivé) que du point de vue logiciel, mais l’ensemble est solide. Les fans de Nokia ou de Windows Phone trouveront ici un excellent téléphone, que les autres pourront sérieusement envisager comme une alternative à Android et iOS. Reste à voir si cela sera suffisant pour enfin faire décoller Microsoft et Nokia dans le domaine du smartphone.

 

 

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